les tartines de sidonie (à paris et ailleurs)

Les petites et jolies choses du quotidien…

jeudi 13 janvier 2011

la vie est brève et le désir sans fin

IMG_0737


Faut-il être touché par un roman pour l'aimer? Vaste débat entamé ce matin avec raphaële. La réponse est oui, en ce qui me concerne. Non, pour elle. Elle a adoré La vie est brève et le désir sans fin (superbe titre), Adèle (qui a eu la gentillesse de nous le prêter) aussi et moi… et bien pas vraiment. C'est bien écrit, très bien même, mais cette mise à distance des personnages, parfaitement assumée, m'a empêchée d'adhérer.
Le narrateur ne figure pas parmi les personnages. C'est un regard extérieur, qui décrit ce qu'il voit. À savoir, un homme entre deux âges, Louis Blériot, marié à Sabine et amoureux de Nora, jeune et très belle. Louis n'est pas vraiment amoureux de sa femme, mais il n'envisage pas de vivre sans elle. Il est fou dingue du corps de Nora, de son insouciance, de ses excentricités. Visiblement, elle a le même effet magnétique sur tous les hommes qui l'approchent. Et la spécialité de Nora, c'est de disparaître de leur vie, du jour au lendemain, et de réapparaître, comme si de rien n'était quelques semaines, quelques mois, voire quelques années plus tard. Il y a aussi Murphy, l'amoureux anglais, délaissé épisodiquement comme l'est Blériot. Il y a de très beaux passages : "Ce moment étrange réfléchi par la conscience de Murphy-il a rapproché sa chaise- a la beauté poignante de ce qui ne se répétera peut-être plus jamais." (p.181) ou encore : "Tout va bien. Écoute, je te rappellerai ce soi, s'excuse t-il précipitamment, reconnaissant à deux pas de la porte la fille coiffée d'un bonnet de laine qui lui sourit en tendant ses petites dents de devant. C'est le sourire de la neige."
On regarde ces personnages vivre, agir. On les regarde animés par le désir, la passion, la léthargie, la joie, la peur, la détresse… Même si on est parfois dans la tête de Blériot, que l'auteur nous ouvre à ses pensées, on ne comprend pas bien comment il "fonctionne". Idem pour Sabine, Nora… Au lecteur, en les regardant vivre, d'émettre des hypothèses. Le regard du narrateur, souvent teinté d'humour, voire d'ironie reste assez clinique je trouve.

Bref c'est un roman que j'ai lu sans ennui aucun, sans déplaisir, souvent admirative de la langue, mais, mais, mais…

Pour lire une jolie critique (positive) de Télérama, c'est ICI.

La vie est brève et lé désir sans fin, de Patrick Lapeyre (P.O.L), 2010, 19,50 euros. Prix Fémina.

IMG_0738

Posté par pivoinerose à 20:54 - lectures... - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

  • Ah il me tentait celui-là pourtant ...

    Posté par Lisa, vendredi 14 janvier 2011 à 11:10
  • Je pense que oui il faut être touchée pour aimer un roman, je viens de lire Rosa Candida et je donne mon avis sur mon blog, l'as-tu lu ?
    bon vendredi

    Posté par Mon Petit Jardin, vendredi 14 janvier 2011 à 11:28
  • tiens ça m'a fait le même effet récemment avec Les hommes couleurs, j'ai trouvé ça admirablement bien écrit (assez bluffant même), et je ne me suis pas ennuyée, je ne peux pas dire que "je ne suis pas rentrée dedans"... mais il y avait un truc, une distance, qui fait que non, je n'ai pas été touchée par ce livre, et ça m'a posé question aussi.

    Posté par cardamome, vendredi 14 janvier 2011 à 16:14
  • dacodac

    j'ai eu la même impression/deception que toi, même si parfois j'ai eu envie de sortir mon carnet pour y noter quelques phrase, c'est un roman assez inégal qui ne tient pas les promesses de son titre si merveilleux!(qui m'a décidé à le lire!)

    Posté par caroM, mardi 25 janvier 2011 à 12:30

Poster un commentaire